Le Choix Goncourt de l'Allemagne 2025

Zum zweiten Mal waren Universitäten in Deutschland an den Choix Goncourt Internationaux beteiligt – so auch Studierende der Landauer Romanistik

Veröffentlicht am
21.5.26

Lars Henk

RPTU in Landau
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Gewählt wird der deutsche Siegertitel von Französisch-Studierenden an teilnehmenden Universitäten. Pro Bundesland waren ein bis zwei Unis an Bord – für Rheinland-Pfalz waren das Trier und die RPTU. Im Wintersemester fanden Seminare statt, in denen gemeinsam die vier Titel der letzten Short List gelesen wurden, bevor dann Ende Februar jede Uni einen Siegertitel gewählt hat. Am 13. März traf sich in der Französischen Botschaft in Berlin eine Delegation von jeweils zwei Studierenden pro Universität, um einen gesamtdeutschen Sieger zu wählen. Im Anschluss wurde vor Ort in Anwesenheit des Leiters der Kulturabteilung der Französischen Botschaft, Thomas Michelon, und den beteiligten Dozierenden der teilnehmenden Universitäten mit La Nuit au cœur von Nathacha Appanah der Gewinner des zweiten Choix Goncourt de l’Allemagne bekanntgegeben. In Landau fand das Master-Seminar „Choix Goncourt de l’Allemagne“ unter der Verantwortung von Lars Henk statt. Die Herausforderung bestand darin, dass weder der Dozent noch die zwölf Studierenden zu Beginn des Wintersemesters wussten, welche vier Romane in den kommenden Wochen gelesen werden würden. Erst in der zweiten Woche standen die vier letzten sich noch in der Auswahl befindlichen Romane fest. Die  Studierenden wurden in vier Gruppen aufgeteilt und mussten jeweils eines der vier Werke lesen, um dann in vier aufeinanderfolgenden Sitzungen über diese Romane zu diskutieren. Zwischendurch wurden gemeinsame Ausflüge in die Geschichte, die Methoden und die klassischen Formate der Literaturkritik gemacht. In der letzten Sitzung wurde dann mit La maison vide der Landauer Gewinner gekürt, und es wurden mit Anna Schwarzensteiner und Charlotte Jopp die beiden Delegierten nominiert, die nach Berlin reisen sollten, um dort die RPTU zu vertreten (siehe Fotos). Um die Praxis der Literaturkritik einzuüben, hatte jede/r der Studierenden die Aufgabe, eine Rezension zu einem der vier Romane der Short List schreiben. Diese wollen wir Ihnen hier präsentieren. Viel Spaß bei der Lektüre!

Plus qu'un roman : "La nuit au cœur" est d'une actualité saisissante et oppressante

Nadine Perinotto

Le roman de Nathacha Appanah "La nuit au cœur" se soustrait délibérément à une lecture purement esthétique ou divertissante. Le texte présente une dimension autobiographique, étant donné que l’autrice y dénonce les violences qu’elle a subies, mais il revêt aussi une portée plus importante encore: celle de prendre la plume pour donner une voix à Emma, morte sous les coups de son mari, ainsi qu’à Chahinez Daoud, une Algérienne vivant en France, victime des violences extrêmes de son compagnon, qui l’a immolée vive. Rescapée de ces violences et investie de la mission de faire vivre la mémoire des femmes ayant succombé aux cruautés de leur mari ou de leur compagnon, l’autrice accomplit un véritable devoir de témoignage.  Elle confronte le lecteur à la réalité des féminicides. L’autrice adopte ici une position claire : elle ne cherche ni à expliquer ni à relativiser, mais à rendre visible, à rappeler et à dénoncer. C’est précisément là que réside la qualité éthique particulière du roman, mais aussi son défi.                                                                                                                                                 

Le récit repose sur une structure narrative complexe. Il dépasse les frontières nationales, tant sur le plan spatial que temporel. Les violences que subissent les femmes sont visibles dans tous les coins du monde, notamment en Algérie, sur l’île Maurice et en France. Ceci souligne que la violence conjugale n’est pas un phénomène localement limité, mais constitue une réalité universelle et structurelle. La similitude des profils des coupables, des victimes et ainsi des schémas de violence génère un sentiment effrayant d’interchangeabilité : le mal n’apparaît pas comme une exception, mais comme une composante de la normalité sociale. C’est précisément cette ‘banalité’ des cruautés qui renforce considérablement l’impact du texte.                                                                         

"L’espace imaginaire" créé par l’autrice constitue un élément narratif central. Il ne s’agit pas d’un lieu réaliste, mais d’une construction symbolique qui lui permet de reprendre le contrôle. Les coupables sont réduits au silence tandis qu’elle-même prend la parole ; il s’agit là d’un renversement délibéré des rapports de force réels. Cet espace peut être interprété comme un acte d’autonomisation, mais aussi comme un moyen littéraire de retrouver une autorité morale. Il convient de noter tout particulièrement la franchise avec laquelle la narratrice réfléchit à sa propre position de pouvoir. Nathacha Appanah ne dissimule pas qu’elle exerce, elle aussi, un pouvoir dans cet espace, au contraire, elle le révèle délibérément, ce qui confère au texte une grande honnêteté, mais provoque égalementun certain malaise.                                                                                   

Un autre aspect central du roman réside dans l’attention systématiquement accordées aux victimes. Alors que celles-ci sont présentées avec leur nom, leur histoire et leur point de vue personnel, les coupables restent anonymes et ne sont désignés que par leurs initiales. Ce choix vise délibérément à mettre l’accent sur le vécu des personnes et à empêcher que les bourreaux ne deviennent le centre de l’attention à travers des explications psychologiques. Cette anonymisation peut également être critiqué, étant donné qu’elle dépersonnalise en quelque sorte les coupables. Ainsi, elle court le risque de les soustraire potentiellement à leur responsabilité concrète. C’est précisément cette ambivalence qui indique toutefois la profondeur du texte : Nathacha Appanah n’offre pas de solutions univoques, mais oblige le lecteur à se positionner lui-même.            

Sur le plan stylistique, le roman se distingue par une clarté et une sobriété remarquable. Les phrases sont généralement courtes, simples et peu complexes, ce qui rend le texte très accessible malgré la dureté du sujet. Les nombreuses énumérations produisent un fort impact émotionnel. Elles traduisent le sentiment de dépassement, l’impuissance et la monotonie de la violence, sans les nommer explicitement. D’une manière générale, l’une des grandes forces du texte réside dans sa capacité à rendre perceptibles des émotions. En même temps, ce style peut aussi être perçu comme ennuyeux, car les répétitions peuvent parfois sembler lassantes et ralentir la fluidité de la lecture.                                   

La radicalité avec laquelle Nathacha Appanah aborde les limites du langage est particulièrement frappante. Dans la description d’une violence extrême, il apparaît clairement que les mots atteignent leurs limites et ne parviennent pas à rendre compte de manière adéquate des événements. La décision de ne plus désigner le corps d’une victime comme une personne, mais comme « ça », constitue une rupture radicale qui rend visible la déshumanisation totale. En même temps, ce passage reste ambivalent, car s’il dénonce la violence, il comporte aussi le risque de réobjectiver la victime. C’est précisément cette tension qui montre à quel point Nathacha Appanah manie le langage de manière réfléchie et explore consciemment ses possibilités autant que ses limites.                       

Une autre caractéristique marquante du texte est son intermédialité. Nathacha Appanah intègre dans son récit des articles de journaux, des reportages en ligne, des infographies ainsi que des lettres et des e-mails. Ces éléments documentaires confèrent au roman une authenticité particulière et montrent clairement qu’il ne s’agit pas de cas fictifs isolés, mais d’événements réels et socialement pertinents. Dans le même temps, cette complexité peut fragmenter le texte et interrompre la fluidité de la lecture. L’effet positif l’emporte toutefois : l’association de la représentation littéraire et du matériel documentaire renforce considérablement la dimension politique du livre, en sensibilisant le lecteur à la gravité des violences et en l’incitant à réfléchir sur les mécanismes sociaux qui les perpétuent.

Sur le plan du contenu, on constate une forte autoréflexivité. La narratrice s’interroge à plusieurs reprises sur le sens de sa propre écriture et pose la question fondamentale de savoir quelle fonction la littérature peut bien remplir face à la violence et à la mort. Ces doutes ne n’affaiblissent pas du tout le texte, mais lui confèrent au contraire une authenticité supplémentaire. L’écriture n’apparaît pas comme une solution, mais comme une tentative de préserver la mémoire et de lutter contre l’oubli. 

Un autre élément central du roman réside également dans sa dimension critique envers la société. Nathacha Appanah ne se contente pas de condamner les coupables individuels, mais attire l’attention sur des problèmes structurels, en particulier sur les mécanismes de "victim blaming". Les questions qui font subtilement porter la responsabilité sur les victimes sont dénoncées comme faisant partie d’un système patriarcal qui non seulement rend la violence possible, mais contribue plutôt à la légitimer. Cette critique est particulièrement efficace, puisqu’elle implique le lecteur et l’oblige à remettre en question ses propres schémas de pensée.                       

Le motif récurrent de la nuit confère finalement au roman une dimension symbolique supplémentaire. La nuit n’est pas seulement synonyme d’obscurité, mais aussi de peur, d’isolementet d’invisibilité. Parallèlement, le titre fait référence au cœur comme lieu de la force intérieure. Cette double symbolique associe menace et survie et confère au texte une profondeur poétique. 

Malgré ses nombreux atouts, le roman n’est pas exempt de faiblesses. La forte concentration thématique entraîne une certaine répétitivité, qui donne au texte un aspect moins varié. L’absence d’une progression classique en ce qui concerne le suspense peut également être perçue comme problématique, dans la mesure où elle rend la lecture difficile et renforce l’impression d’une structure fragmentée. De plus, l’intensité émotionnelle est très élevée tout au long du texte, ne laissant guère de place au lecteur pour prendre du recul ou se détendre. Ces aspects peuvent rendre la lecture fatigante, mais ils sont en même temps étroitement liés à la conception esthétique et thématique de ce roman.

En fin de compte, on peut dire que La nuit au cœur est une œuvre littéraire exigeante et d’une grande pertinence sociale, qui s’oppose délibérément aux conventions. Nathacha Appanah parvient à mettre en lumière la dimension structurelle de la violence tout en réfléchissant aux limites du langage et de la littérature. Les violences décrites dans le roman sont profondément dérangeantes, ce qui confère au roman une intensité émotionnelle et morale qui sollicite le lecteur. Mais c’est précisément là que réside la force du livre : il oblige à la réflexion et reste gravé dans la mémoire. Dans l’ensemble, ce roman convainc par sa précision linguistique, sa cohérence éthique et sa pertinence sociale, même si elle n’est pas toujours facile d’accès en raison de sa répétitivité et de l’absence de dramaturgie classique. J’en retiens donc une impression très positive et lui attribue la une note de 4 étoiles sur 5.

Gähhhhhhn! "Le Bel Obscur" vermag mich nicht zu überzeugen...

Delia Liebscher

Caroline Lamarche verbindet in "Le Bel Obscur" zwei Handlungsstränge miteinander: Sie erzählt im Vordergrund die Lebensgeschichte einer Frau, die namenlos bleiben wird. Sie lebt über drei Jahrzehnte mit ihrem homosexuellen Ehemann Vincent zusammen, der sich ihr nach sieben Jahren offenbart. Verbunden wird die Darstellung ihrer schmerzlichen Erfahrungen mit ihrer Suche nach Edmond, einem längst verstorbenen Vorfahren, dessen Spuren nahezu vollständig aus der Familiengeschichte getilgt worden sind. Was ist ihm widerfahren?, lautet die entscheidende Frage, die sich die Erzählerin stellt. Die Idee ist vielversprechend: Vergangenheit und Gegenwart greifen ineinander, individuelle Erfahrungen werden mit der Suche nach familiären Ursprüngen verknüpft. Auf jeder Seite merkt man, dass Lamarche einen literarischen Anspruch verfolgt und nicht einfach nur eine lineare Geschichte erzählen will. Was jedoch zunächst wie eine vielschichtige Reflexion über Identität, Liebe und gesellschaftliche Normen erscheint, entwickelt sich im Verlauf der Lektüre jedoch zu einer zunehmend frustrierenden Erfahrung. Die Protagonistin reflektiert zwar ihre Situation, gewinnt jedoch kaum an Handlungsmacht und verliert sich vielmehr in ihrer Rolle als alles erduldende, alles ertragende einsame Ehefrau – da wäre 2025 viel mehr drin gewesen!

Ihr Leiden wird nicht nur dargestellt, sondern buchstäblich ausgestellt und dadurch fast normalisiert. Sie nimmt ihre Lebenslage hin, ohne sie konsequent zu hinterfragen oder zu verändern. Selbst Momente, die als Wendepunkte denkbar wären, führen nicht zu einer klaren Entscheidung oder Entwicklung. Diese Form der Resignation wirkt weniger wie eine bewusste Auseinandersetzung mit komplexen Gefühlen, sondern eher wie ein konsekutives Ausweichen vor notwendiger Selbstbestimmung. Gerade aus einer feministischen Perspektive ist das für mich schwer auszuhalten, weil ich mir gewünscht hätte, dass sie sich selbst ernster nimmt, ihre Bedürfnisse, ihre Träume an die erste Stelle setzt und sich bereits frühzeitig aus dieser nahezu toxischen Ehe löst, in der ihr Mann seinen Leidenschaften nachgeht – ohne Rücksicht auf Verluste. Er mutet ihr anders gesagt viel zu!

Auch die Figur Vincents bleibt fast vollständig konturlos. Ich bekam während der Lektüre nicht das Gefühl, ihn wirklich zu verstehen. Zeigt er Verletzlichkeit? Trägt er Verantwortung? Wie sieht seine Sicht auf seine Ehe eigentlich aus? Das bleibt alles ziemlich intransparent. Nicht überzeugend, wie ich finde...

Der zweite Erzählstrang um Edmond hätte das Thema Identität vertiefen können, er wirkt jedoch, wie bereits angedeutet, wie eine Ausweichbewegung. Anstatt sich mit der eigenen Situation auseinanderzusetzen, richtet sich der Blick der Erzählerin auf eine entfernte, letztlich nicht mehr veränderbare Vergangenheit. Die Frage drängt sich auf, warum die Protagonistin ihre Energie in diese Recherche investiert, statt ihre eigene Gegenwart aktiv zu gestalten. Auffällig ist auch, dass die Erzählerin ihren Blick wieder auf einen Mann richtet, anstatt andere weibliche Perspektiven oder alternative Selbstentwürfe zu suchen und zu erproben. Diese „sidequest“ war also wenig überzeugend, und das obwohl sich ihre Geschichte und die von Edmond tatsächlich kreuzen – wie genau, das wird hier nicht verraten.

Auch die wiederkehrenden Motive, wie das Wasser im Schwimmbad oder die invasiven Pflanzen im Garten, erscheinen stellenweise zu plakativ und tragen wenig zur tatsächlichen Entwicklung der Figur bei. Das hat man doch alles schon einmal gelesen! Wo ist bitte die Originalität?

Am Ende bleibt vor allem ein Gefühl der Leere. Die lange Suche nach sich selbst führt zu keiner klaren Erkenntnis oder Entscheidung. Keine befreienden Gefühlsausbrüche, keine klaren Worte, kein Streit, kein Dissens, kein Aufbegehren – nichts. Deswegen ist "Le Bel Obscur" für mich leider kein gelungener Roman. Die Ausgangssituation hätte vielh ergegeben, aber für mich bleibt schließlich nur das Bild einer hilflosen Frau, die sich an ein Leben anpasst, das sie längst hinter sich hätte lassen müssen.

"Le Bel Obscur" - quelle obscurité!

Meike Beate Gerstberger

L’ambivalence des rapports entre les sexes, la conceptionde l’amour, les normes et attentes sociales: tels sont les thèmes complexes etainsi profonds qui sont abordés dans "Le Bel Obscur" de Caroline Lamarche, écrivaine élue au siège de l’Académie royale de langue et de littératurefrançaise de Belgique, qui semblent, à première vue, prometteuses.

Le contenu du roman peut être rapidement résumé, ce qui constitue déjà un premier point de critique, car malheureusement, il ne s’y passe guère davantage : la narratrice, qui avait toujours considéré l’amour comme un rêve durable, apprend subitement que son mari Vincent est homosexuel. Néanmoins, il lui faut plus de trente ans pour décider de divorcer de son mari tant aimé. Pendant toute cette longue période, elle perd de vue ses propres besoins et sombre dans l’apitoiement sur elle-même alors que son mari se permet de vivre des relations passionnées. La narratrice tient tellement à son époux qu’elle reste longtemps prisonnière de son propre mariage – ou plutôt d’un idéal rêvé qui est devenu un cauchemar. Pour pouvoir donner un sens à sa vie, si j’ose dire, elle mène une enquête généalogique : elle découvre un ancêtre banni de la mémoire familiale. C’est Edmond auquel elle se sent intimement liée…

Je dois avouer que le contenu et le style vont malheureusement très bien ensemble – on s’ennuie pendant la lecture. Vu qu’il y a très peu d’action et que le texte multiplie beaucoup d’énumérations et de répétitions, le lecteur a maintes fois l’impression de tourner en boucle, comme la narratrice elle-même, qui ne parvient presque jamais à agir. Elle subit passivement son destin. Il est vraiment dommage que la narratrice ne réussisse pas vraiment à sortir de la dynamique de déclin. J’aurais préféré que l’autrice introduise d’autres personnages (féminins) dans le roman qui se solidarisent avec la narratrice, qui la soutiennent et qui l’aident enfin à se libérer… D'ailleurs, elle a deux filles qui n'ont point d'importance pour le roman, dommage!

Les moments les plus forts se trouvent au début du roman, lorsqu’elle tente d’arracher le buddleia – une plante invasive – dans son jardin. Ce geste symbolise tant la dépendance de son époux que l’impossibilité de se détacher de Vincent qui, de sa part, ne l’aime plus. Ce qui m'a également plus, c'est qu'il y a plusieurs références intertextuelles intéressantes comme, par exemple,  Le Deuxième Sexe de la pionnière du féminisme Simone de Beauvoir.  De plus, certaines questions profondes sont posées, comme par exemple «A quoi sert ton sexe?» (p.123). J’aurais aimé que "Le bel obscur" s’inscrive dans le courant de pensée féministe. Malheureusement, la narratrice apparaît comme femme faible, naïve, dépendante et soumise aux attentes de la société. Mais ne soyons pas trop déçu(e)s et essayons de chercher une explication: Peut-être que la conception de la narratrice en tant que contre-modèle de l’émancipation vise-t-elle à provoquer les lecteurs, à leurs ouvrir les yeux et à les inciter à faire mieux qu’elle?!

Même les motifs de l’eau et de la natation sont pertinents pour symboliser l’exploration de soi-même et la purification, ils ne sont ni particulièrement novateurs ni véritablement éblouissants. Je reproche aussi à l’autrice l’intégration de  la généalogie dans son roman étant donné qu’elle n’a pas de fonction par rapport à la (sur-)vie de la narratrice.

Bien que le roman ne m’ait pas vraiment plu, je pourrais néanmoins en tirer des conclusions sur la manière de mieux vivre. Je garde quelques citations en tête parce qu’elles sont des véritables sagesses de vie, comme par exemple la phrase suivante : « Raconter est la plus intime manière d’être intime »(p. 191).

En fin de compte, le roman est seulement recommandable à condition d’abaisser ses attentes avant la lecture et d’avoir envie de souffrir aux côtes de la protagoniste.

"La maison vide" de Laurent Mauvignier - Le lauréat du Prix Goncourt

Anna Schwarzensteiner

« En 1976, mon père a rouvert la maison qu’il avait reçue de sa mère, restée fermée pendant vingt ans. À l’intérieur : un piano, une commode au marbre ébréché, une Légion d’honneur, des photographies sur lesquelles un visage a été découpé aux ciseaux. »

Dans "La maison vide", Laurent Mauvignier raconte sa propre histoire familiale marquée notamment par une certaine fatalité héréditaire et deux guerres mondiales dans lesquelles surtout les femmes montrent leur force au début du vingtième siècle.

Cette maison vide est le lieu d’action où la catastrophe familiale commence et se prolonge parmi plusieurs générations. La commode, le cerisier, la médaille et surtout le piano, qui représente l'amour profond pour la musique de l'un des personnages principaux sont des motifs très convaincants lorsqu’ils sont utilisés au cours du roman.

L’histoire se concentre sur la vie malheureuse de Marie-Ernestine, introduit en tant que la «petite boule d’Or » de son père, douée d’intelligence et d’un grand talent pour le piano. Son rêve d’entrer au Conservatoire est parti en fumée quand leur père Firmin lui annonce le mariage avec Jules, qui évoque le personnage de Charles Bovary par son comportement. Le résultat de ce mariage malheureux est Marguerite, née en 1913, un an avant que Jules parte à la guerre. Il fait partie des héros de guerre et il finit par mourir en 1915. Pendant l’absence des hommes, ce sont les femmes, c'est-à-dire Marie-Ernestine et sa mère, qui s'occupent de toutes les tâches masculines et dirige les ouvriers dans leur scierie. On peut dire en général que les personnages principaux évoluent au cours du roman, même s’il s’agit d’un développement négatif. Surtout l'arrière-grand-mère de l’auteur est le personnage qui vit une transformation profonde. Au début du roman, elle est présentée comme « la responsable des chaussettes » et a du accepter en silence la violence conjugale dont elle est victime. Pendant la Première Guerre mondiale, elle a pris la place de son mari décédé, devenant ainsi « la patronne » de la famille Proust.

Marie-Ernestine est une femme aigrie qui n'a jamais donné d’amour à sa fille et a été forcée pendant des années de vivre avec un homme qu’elle n’aimait pas non plus. Jusqu’à un âge avancé et un évènement exceptionnel, elle refuse même jouer une chanson pour sa fille. Marguerite elle-même est marquée par l'absence du père et de la tendresse de sa propre mère. Quand elle commence son travail comme vendeuse de vêtements, elle est connue comme une jeune femme qui vit sa liberté sexuelle. Sa réputation familiale se développe encore plus négativement pendant l’Occupation et pourrait être la cause de son effacement de la mémoire familiale.

En fin de compte, je suis convaincu que Laurent Mauvignier ait créé un roman féministe avec un langage beau et touchant. Il montre de façon émouvante la vie de ses ancêtres féminines qui ont essayé de se révolter contre les règles et le système patriarcal. En outre, il a créé un mélange réussi entre des aspects autobiographiques qui lui ont été transmis par sa mère et des aspects fictifs avec lesquels il a tenté de compléter les lacunes dans l'histoire familiale. L'écriture du roman
ressemble aussi à une recherche d'identité et des liens qui le rattachent à ses ancêtres. Il en résulte que les décisions prises il y a longtemps ont encore des conséquences dans le présent. Même si c'est un roman volumineux qui a des ressemblances avec les grands romans du 19ième siècle (notamment parce qu'on peut trouver quelques intertextes zoliens) et qui a un style d'écriture presque proustien, ce n'est pas possible de s'arrêter de lire et suivre le développement des personnages principaux captivants, mais peu sympathiques.

En conclusion, on peut dire que Laurent Mauvignier a gagné le Prix Goncourt à bon droit étant donné que le récit familial est sans doute d'une certaine actualité. Ce qui compte encore plus pour moi, c'est que tous les motifs sonst convaincants et que j'ai adoré son style d'écriture.

 Dozent Dr. Lars Henk und die beiden studentischen Vetreterinnen Charlotte Jopp und Anna Schwarzensteiner

 

 

 

 

 

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